Histoire BHS 1
Pendant près d’un siècle, de 1440 à 1526, Sélestat joua un rôle primordial dans l’humanisme rhénan. La vieille cité impériale abritait dès la fin du XIVe siècle une école latine très célèbre, qui forma des centaines de jeunes gens dans cet esprit nouveau, né du contact des grands centres humanistes d’Italie et des Pays-Bas. La bibliothèque humaniste est le témoin de cette période faste de l’histoire de Sélestat.
livre catenatus
Les livres légués par Westhuss sont de gros volumes écrits, sur parchemin ou papier, de la main du copiste Conrad Brampach durant la première moitié du XVe siècle. Les textes contenus dans ces volumes sont des œuvres des Pères de l’Eglise (saint Augustin, saint Albert le Grand, saint Athanase), des œuvres de pastorale ainsi que le glossaire latin-allemand de Jacques Twinger de Königshofen.
Jean de Westhuss souhaitait non seulement mettre à la portée du clergé local les textes essentiels de la religion catholique, mais il se souciait aussi de donner à la jeunesse une solide formation chrétienne. Pour cela, il s’intéressait particulièrement à l’école latine. En 1441, il appela Louis Dringenberg qui dirigea l’école jusqu’en 1477. Cet éminent pédagogue, père de l’humanisme en Alsace, fut un ancien élève des Frères de la Vie Commune de Deventer (Pays-Bas). Il s’inspira de leur idéal chrétien pour donner un nouvel essor à l’école de Sélestat et y parvint de façon exemplaire.
Son œuvre fut poursuivie par de grands maîtres et humanistes : Craton Hofmann (1477-1501), Jérôme Gebwiler (1510-1509), Jean Sapidus (1510-1525). Ces maîtres firent le renom de l’école dans toute l’Europe, à tel point qu’au début du XVIe siècle on comptait une moyenne de 900 élèves fréquentant annuellement cet établissement. Deux livres de la bibliothèque portent l’ex-libris manuscrit de Louis Dringenberg : la Consolation de la philosophie de Boèce et le Livre des sentences de Pierre Lombard.
Le 10 août 1470, le chapelain Jean Fabri légua à la fabrique de l’église Saint-Georges " un certain nombre de livres, à savoir douze volumes d’une valeur de trente florins et plus ; ces livres ont été placés dans la librairie de cette église ". Ces manuscrits, pour la plupart copiés au XVe siècle, représentent surtout des recueils théologiques avec des extraits des principaux auteurs catholiques, ainsi que les Annales de Fulda (de 715 à 882). Sur la feuille de garde du De laudibus Beatae Mariae (Ms. 62) Jean Fabri a noté la mention suivante : " J’ai acheté ce livre du Sieur Jean Schetzil de Strasbourg et l’ai légué à l’église paroissiale de Sélestat pour l’usage commun des prédicateurs de cette ville, afin qu’il soit enchaîné dans la librairie ". Les ouvrages de la bibliothèque ont servi autant aux enseignants et aux élèves de l’école qu’au clergé et aux érudits locaux.
rayonnages
- La suite de l’histoire : la bibliothèque de Beatus Rhenanus