Histoire de la Bibliothèque Humaniste et de ses collections

Les bibliothèques des communautés religieuses



Histoire BHS 1 

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Histoire BHS 1

Initiale enluminée extraite du Livre des miracles de sainte Foy. Dès le XIIIe siècle des bibliothèques sont attestées à Sélestat. En 1299, le prieuré bénédictin de Sainte-Foy possède 102 œuvres. Les autres ordres monastiques (Dominicains, Dominicaines, Franciscains, Chevaliers de Saint-Jean) possèdent de belles bibliothèques dont quelques manuscrits ont rejoint le fonds ancien de la bibliothèque de Sélestat après la Révolution de 1789. Mais le véritable trésor de la bibliothèque est constitué par la bibliothèque humaniste proprement dite.


La bibliothèque paroissiale


Pendant près d’un siècle, de 1440 à 1526, Sélestat joua un rôle primordial dans l’humanisme rhénan. La vieille cité impériale abritait dès la fin du XIVe siècle une école latine très célèbre, qui forma des centaines de jeunes gens dans cet esprit nouveau, né du contact des grands centres humanistes d’Italie et des Pays-Bas. La bibliothèque humaniste est le témoin de cette période faste de l’histoire de Sélestat.



livre catenatus 

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livre catenatus

En 1452, Jean de Westhuss, recteur de l’église paroissiale de Sélestat, cèda " à la fabrique un nombre appréciable de livres ; ces ouvrages ont été inscrits dans le registre de la bibliothèque récemment installée. " Ce texte d’archives, daté du 13 mars 1452, peut être considéré comme l’acte de fondation de la bibliothèque. Une trentaine d’ouvrages précieux, tous munis d’une chaîne, furent déposés dans la resserre d’archives de l’église Saint-Georges, local que le recteur Westhuss avait fait aménager dans une chapelle voûtée de l’église. En 1462 les voûtes de cette salle furent décorées d’arabesques en camaïeu brun sur fond bleu et on y inscrivit : " Pro Chrisi laude lege libros postea claude, 1462 " (ce qui signifie : " pour la gloire du Christ, lis les livres puis ferme les, 1462 ").


Les livres légués par Westhuss sont de gros volumes écrits, sur parchemin ou papier, de la main du copiste Conrad Brampach durant la première moitié du XVe siècle. Les textes contenus dans ces volumes sont des œuvres des Pères de l’Eglise (saint Augustin, saint Albert le Grand, saint Athanase), des œuvres de pastorale ainsi que le glossaire latin-allemand de Jacques Twinger de Königshofen.
Jean de Westhuss souhaitait non seulement mettre à la portée du clergé local les textes essentiels de la religion catholique, mais il se souciait aussi de donner à la jeunesse une solide formation chrétienne. Pour cela, il s’intéressait particulièrement à l’école latine. En 1441, il appela Louis Dringenberg qui dirigea l’école jusqu’en 1477. Cet éminent pédagogue, père de l’humanisme en Alsace, fut un ancien élève des Frères de la Vie Commune de Deventer (Pays-Bas). Il s’inspira de leur idéal chrétien pour donner un nouvel essor à l’école de Sélestat et y parvint de façon exemplaire.
Son œuvre fut poursuivie par de grands maîtres et humanistes : Craton Hofmann (1477-1501), Jérôme Gebwiler (1510-1509), Jean Sapidus (1510-1525). Ces maîtres firent le renom de l’école dans toute l’Europe, à tel point qu’au début du XVIe siècle on comptait une moyenne de 900 élèves fréquentant annuellement cet établissement. Deux livres de la bibliothèque portent l’ex-libris manuscrit de Louis Dringenberg : la Consolation de la philosophie de Boèce et le Livre des sentences de Pierre Lombard.


Le 10 août 1470, le chapelain Jean Fabri légua à la fabrique de l’église Saint-Georges " un certain nombre de livres, à savoir douze volumes d’une valeur de trente florins et plus ; ces livres ont été placés dans la librairie de cette église ". Ces manuscrits, pour la plupart copiés au XVe siècle, représentent surtout des recueils théologiques avec des extraits des principaux auteurs catholiques, ainsi que les Annales de Fulda (de 715 à 882). Sur la feuille de garde du De laudibus Beatae Mariae (Ms. 62) Jean Fabri a noté la mention suivante : " J’ai acheté ce livre du Sieur Jean Schetzil de Strasbourg et l’ai légué à l’église paroissiale de Sélestat pour l’usage commun des prédicateurs de cette ville, afin qu’il soit enchaîné dans la librairie ". Les ouvrages de la bibliothèque ont servi autant aux enseignants et aux élèves de l’école qu’au clergé et aux érudits locaux.



rayonnages 

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En 1517, l’humaniste sélestadien Jacques Wimpfeling offre à l’école deux manuscrits : un Speculum humanae salvationis (XVe siècle) et un livre de sermons (XVe siècle) ainsi que six incunables. La bibliothèque possède en outre 62 ouvrages imprimés de Wimpfeling. La donation la plus importante fut faite en 1535 par Martin Ergersheim, ancien élève de Dringenberg et de Hofmann et plus tard recteur de l’église paroissiale Saint-Georges. De sa riche bibliothèque nous comptons actuellement 85 titres d’œuvres, parmi lesquels une édition de saint Augustin en onze volumes (Bâle, 1493), une édition des œuvres de saint Jérôme en six volumes (Bâle, 1516), mais aussi des textes classiques de Sénèque, Valerius Maximus, et des écrits d’humanistes comme Erasme de Rotterdam, Pétrarque, Pic de la Mirandole.
Le dernier humaniste-donateur fut Jacques Taurellus, de son vrai nom Oechsel, né à Sélestat en 1524, qui décéda à Vienne (Autriche) en 1579. Notaire et secrétaire impérial, il fit don à sa ville natale de plusieurs documents dont une magnifique Bible manuscrite du XIIIe siècle en écriture gothique, sur vélin, et richement illustrée d’initiales historiées.


- La suite de l’histoire : la bibliothèque de Beatus Rhenanus


- La suite de l’histoire : du XIXe au XXe siècles


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publié le 29 mars 2007